UNE VIE D'AVENTURES

Il faut croire Henry de Monfreid lorsqu'il dit " L'aventure, j'ai toujours cherché à l'éviter".
Et pourtant, qu'elle n'a pas été sa vie !


Le moteur de cette boulimie d'action est en fait une recherche permanente et puissante de liberté. Dès lors, il n'est pas étonnant qu'il ait été jusqu'à faire de la contrebande d'armes ou de hachich, ne serait-ce que pour contourner un interdit.

Henry prouve son amour pour la liberté en réalisant lui-même de A à Z chacune de ses opérations : achat, conditionnement, transport, livraison, là où pour empocher confortablement la mise, un négoçiant avisé aurait mis en place hommes de paille, hommes de confiance, et sociétés-écran. Lui au contraire paye toujours de sa personne et, innocemment pourrait-on dire, met même son père et sa femme à contribution !

De cette liberté il use à fond, et bien qu'il prépare ses affaires avec minutie, il reste toujours quelques incertitudes, ne serait-ce qu'avec le vent ou l'état de la mer… Il y gagnera plus en matière à écrire - ses lettres d'abord, ses livres trente ou cinquante ans plus tard - qu'en fortune personnelle.

De telles activités l'amènent donc à  évoluer dans un univers tout à l'opposé du cocon européen qui l'insupporte. C'est " évidemment émaillé de vagues risques, mais c'est diablement passionnant et cette existence d'imprévus est absolument indispensable à  ma raison de vivre " , écrit-il à  sa femme le 1er juin 1914 (lettres de la mer-Rouge, éditeur).


HENRY DE MONFREID DIT "ABD EL HAI", L'ESCLAVE DU VIVANT



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CIRCUIT AVENTURE



ECRIRE EN MER



"MA PREMIERE CARGAISON D'ARMES ou LE VOYAGE A KOR OMEIRA
(lettres de la mer-Rouge, éditeur).

"Aussitôt après le départ de Bonhoure, l'Administration prétendit m'interdire la culture des perles à Maskali, sous prétexte que je n'avais pas de concession. Une nuit mes parcs d'élevage furent en partie dévastés. Le brave Lavigne prit ma défense et sauva ce qui restait. ....Nous décidons de tenter le commerce des armes pour pouvoir continuer mes expériences longues et coûteuses, sur la culture des perles. ....Je vais avoir contre moi l'Administration qui ne verra pas d'un bon oeil mes voyages très compromettants pour elle. ...Les formalités de douanne sont enfin terminées et mon boutre quitte le quai pour aller s'ancrer en compagnie de trois autres, également chargés d'armes, en attendant l'heure du départ sous l'escorte du daouéri (garde-côte à voile). Ce départ n'aura lieu qu'après le coucher du soleil pour profiter du vent du sud qui ne se lève guère avant huit heure du soir.

J'ai à bord six caisses de fusils et vingt caisses de cartouches. J'ai payé cela à raison de seize francs le fusil (carabine de guerre Gras provenant des ventes du ministère de la Guerre), plus huit francs par arme et trois cents francs par caisse de cartouches de droit de douane. Cet achat et le paiement des ces droits ont absorbé la plus grande partie de mon bénéfice sur les perles. Je vais donc jouer assez gros jeu avec mes faibles ressources."

 

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